Mise à jour : ce bateau a été secouru le 15 octobre semble-t-il...
Fortunes de mer, droit, bon sens, amour des bateaux, responsabilité.
Voilà quelques-uns des thèmes que je pourrais aborder au sujet de cette photo. Une photo simple, une situation qui pourrait finir très, TRES bêtement, ou de façon très compliquée.
Ce bateau échoué était mouillé sur l'un des corps morts qui servent à amarrer ses semblables au fond de la baie de Bandol. Une amarre a cédé, et ce bateau a lentement dérivé jusqu'à ce point où beaucoup de gens ont fini par le remarquer en empruntant la route qui longe la plage du fond de la baie. Plusieurs, dont votre serviteur, ont alerté, qui les secours, qui la capitainerie de Bandol, juste en face.
Ils sont au courant, et même le CROSS qui centralise les secours, mais personne ne bougera le petit doigt tant (et ça a l'air de ne pas être facile puisque plusieurs jours se sont écoulés) que le propriétaire ne sera pas identifié. C'est en effet à lui que seront facturés tous les frais de remorquage et secours.
Tout ça risque de se solder avec une mini marée noire (son réservoir de gasoil doit contenir entre 50 et 80L). Et c'est idiot.
Mais la première fois que je l'ai repéré à la dérive, j'aurai bien voulu le remorquer au port sans grand risque : il flottait correctement. Hélas, mon bateau n'était pas à flot mais en maintenance.
Aujourd'hui, bien drossé contre les rochers, partir à son secours (passer un cordage sous sa quille pour le déhaler en le couchant un peu), et le remorquer, c'est prendre un gros risque. Si cela se passe mal, le bon samaritain peut endosser toute la responsabilité des dommages causés au bateau (imaginez qu'une voie d'eau se soit créée en dessous et qu'il coule...). Plus personne n'ira sans l'aval du proprio.
A la prochaine journée de grosses vagues, il se désintégrera sur les rochers de la digue, déversant son contenu sur la plage et souillant l'endroit de tout ce qu'il peut contenir de polluant. J'aime les bateaux, j'aime les voiliers, je passe pratiquement tous les jours depuis ce début de semaine devant ce spectacle, et ça m'attriste.


Cette histoire est typique des temps modernes.
Si plus personne ne se connaît de bateau à bateau, pas moyen de s'aider vraiment. Personne ne fait attention à "l'autre" qui ne fait que déranger parce qu'on doit partager la mer avec lui. C'est à l'inverse que la mer est belle pour tous. et qu'on remarque les amarres du voisin un peu négligées.
Au point où ce voilier en est rendu, le propriétaire ne se bougera peut-être qu'avec l'assurance de sauver sa barcasse au moindre prix.
Après la possible casse, pourquoi devrait-il se présenter aux autorités pour récupérer un vrac qui lui coûtera ?
La solution serait de se poser en inventeur d'épave et de s'arranger avec le propriétaire, si jamais il reparaît avant l'été prochain.
Le cross et la capitainerie de Bandol ne sont pas là pour suppléer le manque de solidarité des propriétaires. Ils cherchent le négligeant. C'est déjà beau de se préoccuper de faire du bruit autour du bateau, sans doute le propriétaire sera ainsi plus vite retrouvé.
Rédigé par : Pascal | mercredi 10 oct 2007 à 20H25
C'est aussi typique de certains qui économisent le prix du port en utilisant les corps morts beaucoup moins chers, mais beaucoup moins sûrs, et y laissent leurs bateaux pendant des semaines sans s'en soucier... L'état d'abandon de nombreux bateaux, y compris dans les ports, est effarant. Et tellement de gens qui voudraient pouvoir naviguer vraiment (52 semaines par an) mais renonce faute de possibilités de s'amarrer.
Rédigé par : Fred | vendredi 12 oct 2007 à 00H07
Bonjour,
Il arrive parfois même que le bateau soit tellement abîmé qu'il ne soit plus identifiable (si la plaque de série a disparu ou brûlé, bonjour..). Alors là on peut attendre longtemps. Il y a un bateau qui est resté 5 mois cet hiver dans les calanques
Rédigé par : les bateaux | mercredi 27 juil 2011 à 16H32