2008 aura marqué le début de ma collaboration avec Maxsea, éditeur du logiciel éponyme utilisé pour la navigation de plaisance notamment. J'ai passé beaucoup d'heures sur ce programme, notamment au bureau en mode simulation, et ai déjà assuré mes premières formations de groupe avec un accueil très positif de la part des stagiaires.
Mais si cette activité marie deux de mes passions, c'est quand même frustrant de le tester trop souvent à terre, et pas tellement en bateau (Tamarindo, petit semi-rigide sans cabine ne me paraît pas l'endroit idéal pour exposer mon Mac portable aux éléments naturels).
Alors j'ai sauté sur une nouvelle occasion quand un ami et client m'a proposé de l'accompagner et le former sur le programme qu'il a acheté mais (comme beaucoup) n'utilise que très en deçà du possible: formation individuelle, et une opportunité de me servir à nouveau de ce fantastique logiciel dans les conditions réelles, avec pour une fois une vraie application des fonctions météo et routage du software en question (la navigation sur 150 milles nautiques doit nous valoir environ une journée complète en mer).

Résultat: poussé par un vent portant assez puissant (monté jusqu'à force 7 avec un risque annoncé de 8), on a surfé pendant 20H sur des creux qui étaient encore inoffensifs au sortir de la rade de Hyères, mais ont dépassé les 4 mètres au large de Scandola en pleine nuit, accompagnés par une lune omniprésente et 3/4 pleine, et des dauphins (peut-être des marsouins considérant le gabarit de 1m50 maximum) qui à 5 reprises ont fait des énormes bonds hors des vagues pour examiner qui étaient les furieux venus surfer sur leur terrain de jeu déserté par toute autre embarcation avec cette météo.
Faut dire que j'opérais sous les ordres d'un marin assez exceptionnel qui depuis plus de 40 ans navigue de très nombreuses semaines par an, essentiellement en solitaire ou presque, et est probablement encore meilleur dans l'utilisation de son bateau que moi dans celle de mes ordinateurs (en toute immodestie). Son Wauquiez (très costaud) de 45 pieds remarquablement préparé m'avait déjà renseigné sur le pedigree du capitaine lors d'une sortie préalable que nous avions effectué par petit temps sur quelques petites dizaines de milles. Confiance totale, et s'il s'est retenu de lancer le spi (tentant puisque nous assurions bien à deux), c'est parce qu'avec un risque de force 8 beaufort, cela devenait une prise de risque: tous les marins qui naviguent en Méditerranée savent que 8 ça devient difficile, et surtout, que cela peut facilement évoluer vers quelque chose de beaucoup plus violent.

Reste que le fichier météo chargé grâce au service de Maxsea s'est avéré assez pertinent (une dépression secondaire établie sur la Provence nous a donné des vents étonnamment sud-ouest par rapport à ce qui nous était annoncé en début de parcours par toutes les sources météo): on a effectivement jonglé avec la zone de puissance des vents en bordure d'une zone beaucoup plus calme où nous pouvions nous "réfugier", pour une descente plein gaz en permanence avec un vent 2/3 arrière.
Le regret, c'est que dans le cadre du travail et de mes heures ouvrées, je n'ai pas pu profiter de cette application sur le terrain pour faire du tourisme estival: débarqué à Ajaccio après le temps d'un déjeuner au mouillage, j'ai fait 100 mètres à pied sur le quai du port de la ville, acheté mon billet sur le premier ferry en partance, et ai vu la Corse s'éloigner dans les minutes qui ont suivi. Rentré à Bandol le soir même, je reprenais le cours des mails et appels au bureau moins de 36H après mon départ.
Bateau, rouleau, meteo, dodo
dure la vie !
negocia et escp pour finir mousse !
Rédigé par : TITI | mardi 05 août 2008 à 18H41