Certes la présidence de l'EPAD est un poste non rémunéré: Jean SARKOZY ne volera là le salaire de personne, mais il atterrit sur un poste pour lequel bien d'autres seraient mieux préparés que lui, et plus crédibles. L'objectif est juste de lui fabriquer un pedigree qu'il pourra afficher de tremplin en tremplin lors du déroulement de sa carrière, et de lui faire subir une formation accélérée en le trempant dans un bain où peu de débutants sont invités à nager.
L'autre argument, qui affiche la légalité de l'opération et la légitimité d'une succession d'élections et non de nominations, fait doucement rire. Je reprends ici les arguments de la chercheuse Cynthia FLEURY hier soir dans l'émission de France3, "Ce soir ou jamais" de Frédéric TADDEI: une élection pour laquelle Patrick DEVEDJIAN cède son siège, le rival pressenti (Hervé MARSEILLE) se retire, et où les poids lourds du jury qui doit voter lors de la désignation du président de l'EPAD, sont respectivement le parrain et la marraine de Jean SARKOZY, certes c'est une élection, mais qui restera comme une tâche sur le CV de l'intéressé. Ce n'est pas les 5 ans de plus que ses conseillers en communication lui ont donné par une savante opération de relookage qui y changeront quelque chose.
Il a le droit de se présenter, de se faire élire, de présider l'EPAD. Ce sera légal et légitime à ses yeux. Moi à sa place, je serai plus mesuré, mais on n'a pas les mêmes ambitions, ni les mêmes scrupules... Et la concomitance de cette affaire avec le discours de son président de père concernant le lycée et la reconnaissance du mérite dans notre démocratie ne ressemble qu'à un camouflet, un gant jeté à la face de la population. Dommage que des élus, des dirigeants, ne comprennent pas les vertus de l'exemplarité, et si besoin, le sens du sacrifice qui pourrait les grandir au lieu de nous donner envie de vomir sur notre démocratie.
Ceux qui le souhaitent peuvent Signer la petition pour appeler Jean SARKOZY à renoncer...


Jean SARKOZY a annoncé son retrait de l'élection à la présidence de l'EPAD. Beaucoup s'en réjouissent, mais c'est oublier qu'il sera probablement très difficile d'obtenir une autre "victoire" de la sorte la prochaine fois. D'autant plus que le fils du Président a visiblement beaucoup travaillé son image, son discours, et que cette préparation augure d'une ambition politique qui a l'air d'un appétit d'ogre.
J'espère que ce gamin aura tiré aussi un peu de morale de l'histoire, car c'est sûr, sa carrière ne fait que commencer, et on le retrouvera forcément dans la vie politique française.
Rédigé par: Fred METEY | vendredi 23 oct 2009 à 10H51