Nos amis bandolais connaissent les deux chats à qui on offre l'asile alimentaire (et un peu plus) depuis que les voisins les ont abandonnés. Ceux qui me lisent au loin se souviennent de la galerie photo de la leçon de Kung-Fu.
Fin octobre, le chaton avait 4 mois, et on l'a vu grandir. Notre pause détente, chaque jour, c'était de le regarder faire: à pleurer de rire. Et on l'a vraiment pris en affection.
Depuis quelques temps, quand on arrive, les deux viennent systématiquement nous saluer: le bruit de la moto, de la deuche, de l'Opel, du portail ou des volets, un rien suffisait à les alerter, et ils venaient même à deux au fond du parking me chercher à la sortie du box.
C'est un peu ça qui l'a tué: en arrivant en moto mardi soir, j'ai vu la "Mami" sortir d'un buisson de la résidence, à ma rencontre. Derrière moi sur la route j'entends un cri d'une femme en scooter, qui s'arrête 10m plus loin. Je ne comprends pas, puis vois passer une ombre qui file sur la chaussée. C'est Negrito, qui court blessé. Il tournicote follement et finit par arriver sur le parking où je l'attrape. Moins d'une minute plus tard, il meurt dans mes bras.
La femme est choquée, tremblante, mais heureusement n'a rien, pas tombée. Je ne peux même pas lui offrir à boire: avec les travaux à la maison, le frigo est condamné pour encore quelques semaines. Elle se sent coupable. Ce n'est pas sa faute. Les chats de rue, c'est comme ça. Ca va, ça vient, ça court et ça saute. A 13 ou 14 mois, c'est totalement inconscient. Et c'est peut-être la toute première fois qu'il s'aventurait hors de la résidence, qu'il traversait le boulevard. Comme sa mère, en entendant mon moteur, il a voulu me rejoindre, voir si par hasard ce n'était pas l'heure de la soupe... Elle n'a même pas pu faire un geste pour l'éviter (d'ailleurs n'essayez jamais, c'est un coup à vous envoyer dans le décor). C'est la vie.
Je ne voulais pas de chats, pas de chiens, ne serait-ce que pour ne pas s'attacher: ce ne sont que des chats et des chiens. Ce sont eux qui nous ont adoptés: les chats sont ainsi faits.
En moins d'un an, avec tous les câlins et fous rires auxquels on a eu droit de sa part, je sais une chose: je m'étais vachement attaché à ce petit con de Negrito.