Tamarindo va sur ses trois ans, et on n'avait pas encore vraiment testé la pêche, à part de mini-tentatives pour le calmar (Marta ayant du matériel spécifique rapporté de sa Catalogne natale où on s'y connaît en "calamares" et où elle avait pratiqué), mais pas vraiment en saison et sans connaître les bons coins autour de Bandol.
Hier, fin du jour sur l'eau pour oublier une journée particulièrement stressante sur laquelle je ne m'étends pas : on file plein sud, quelques milles au large des Embiez, et en regardant se coucher le soleil, on voit entre 20 et 50 mètres autour de nous, sauter des poissons de la taille de belles truites. Pas de doute, en dessous du bateau, la chasse bat son plein. Comme on est effectivement près d'un cap ou presque (les Embiez, dans le prolongement du Cap Sicié forment comme un autre cap qui protège et referme la baie de Sanary), je me doute qu'il y a du passage de bancs de poissons. On rentre avec le moteur au ralenti pour profiter du soir, et j'ai le temps d'imaginer qu'à la traîne, on pourrait bien choper l'un de ces pélagiques voraces.
Ni une ni deux, aujourd'hui entre 2 rendez-vous, je m'arrête chez le spécialiste de la pêche au gros, boutique située en plein Bandol, rue Pierre Toesca. Michel en 2 minutes me conseille une traîne classique, avec suggestion d'une deuxième série de leurres adaptés à des conditions de lumière plus forte, et en me suggérant de monter ma ligne sur un Sandow.
Ce soir, on part faire l'apéro (dinatoire) sur l'eau avec une amie, et on file gentiment vers le large à 3 ou 4 noeuds. On finit le pâté, les chips, le saucisson, elles les bières et moi le soda, quelques cahouètes et olives plus loin, on dépasse les 21H, avec le Sandow qui s'allonge : il a quelques années, la fatigue pensais-je. L'obscurité gagne, je fais un demi-tour pour revenir en passant un peu plus près de l'îe du Grand Rouveau, je vérifie la ligne, et ressens quelques vibrations. Rien de violent, mais si c'est pas un sac plastique accroché, on a du poisson au bout. Boum d'adrénaline! Tout le monde debout, et que je te vide le seau du bord qui contient l'écope, la brosse, etc, et que je te ramène le fil en flippant rien qu'à l'idée des noeuds qu'on va faire, et apparaît le premier poisson. Vache il a l'air gros, et si on a coupé les gaz, il commence à sacrément tirer : j'ai déjà remonté un ou deux hameçons, et s'il tire plus fort d'un coup, je vais me les planter dans les doigts.
Hop je te me le hisse dans le bateau, aussitôt salopé (alors ça, la pêche et la propreté du bord, ça fait deux), mais ça TIRE ENCORE !!! Un deuxième, le même.
On remet la ligne à l'eau sans noeuds (miracle?!), et Danielle me demande comment on sent que ça mord. Je prends la ligne, lui fait sentir sa résistance molle, lui explique les vibrations, la reprend en main et dit : c'est COMME CA!! Un troisième vient de se jeter sur nos leurres, et on recommence la remontée de ligne, moteur coupé. A mains nues, sans canne, je choisis l'arrière pour éviter au maximum le contact des hameçons avec les boudins du bateau, mais le mastard tourne sous la coque et enroule le fil autour de l'arbre du moteur. Quelques instants sans pouvoir tirer et la bestiole s'agite, saute sous mes yeux entre le bloc moteur et le boudin tribord, replonge et en se débattant se décroche. Dommage, c'était le frère jumeau des deux précédents, un beau maquereau de la taille maximum semble-t-il : 1 kg chacun.
Morts de rire on remettra la ligne sans plus de succès mais la nuit est là, et on la rangera enfin, pour rentrer dans une gentille euphorie à 17 noeuds, pépères et souriants sur une mer plate au port de Bandol. Mais demain soir on les mangera au barbecue chez Danielle et Jean sur les coups de 19H, avant de filer faire un tour de wake-board, et c'est sûr, pêcher quelques cousins de nos prises de ce soir. Demain je m'arrêterai chez Michel pour acheter une épuisette, voire une canne de traîne pour ne plus redouter la remontée par le côté avec les hameçons risquant de se planter dans mon pneumatique.